(Désolé)
Lors des premières heures ou premiers jours qui suivent une
blessure, il y a toujours une phase de déprime. Je n’y ai pas échappé. Comment
cela se manifeste ? Hé bien, on est d’abord frustré par le fait de ne pas
pouvoir courir, surtout lorsqu’il fait beau et que l’on voit tout le monde
gambader. On s’inquiète aussi de savoir si l’on va retrouver ou non son niveau.
Et vu qu’on tourne en rond (ou plutôt qu’on est souvent sur le canapé), on écume
les forums pour recueillir des témoignages similaires, des « solutions »
pour revenir plus rapidement. On cherche à se rassurer et… c’est finalement l’inverse
qui se produit. On est également imperméable aux remarques des amis ou des proches qui
t’assurent que « tu reviendras plus
fort », « il y a plus grave
dans la vie » (on ne peut pas leur donner tort quand on voit des
personnes dans des situations critiques) et qu’il faut… positiver.
Mouais... On n’y croit pas trop mais pourtant, avoir des pensées
positives facilite la guérison. C’est ce qu’on peut lire dans de nombreux sites
spécialisés dans la psychologie du sport (comme celui-ci). L’environnement joue également. Les proches bien sûr. Mais ce qui m’aide en
ce moment, c’est de constater la bienveillance
d’inconnus dans la rue ou dans des lieux publics. L’attelle et les béquilles impressionnent et
attirent le regard, c’est évident.
Cela pousse même certains à engager la discussion. Comme cet
ancien légionnaire qui te cède la place au supermarché « car il est aussi passé par là et comprend
les difficultés qu’on vit au quotidien. » Ou cette vieille dame qui est
désolée par ce qui m’arrive et qui est « persuadée que je vais retrouver ma mobilité et qu’il faut s’accrocher. »
Ou ces jeunes gens qui se proposent de m’aider à descendre des escaliers en
voyant que je galère un peu. Bref, cela redonne un peu foi en cette société que
l’on qualifie souvent d’individualiste.
Trop de love... Ah, il reste quand même un espace où la bienséance et la
politesse sont des notions encore inconnues : les transports en commun. Où
il faut faire les gros yeux (voire se protéger avec les béquilles) pour ne pas se
faire bousculer. Et pour une place assise ? C’est la loi de la jungle avec
un grand classique : avoir le nez sur son smartphone, casque à l’oreille,
tout en jetant un discret regard, en faisant semblant de n’avoir rien vu... Et
en espérant surtout que quelqu’un d’autre se dévoue ou qu'on lui fasse pas remarquer son manque de savoir-vivre. Bref, un quotidien que vivent certaines
personnes âgées ou femmes enceintes…
Dernière chose, chère RATP, pourrais-tu penser à une accessibilité complète dans le
métro ? Car prévoir des ascenseurs ou escalators c’est bien. Mais
lorsqu’il faut terminer le parcours par plusieurs dizaines de marches, c’est
pas super pratique. J’aimerais autant ne pas me casser l’autre jambe par
maladresse ou en étant bousculé.
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